Baie des Anges

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Amicale des Anciens du 22ème BCA et des Troupes de Montagne

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NUL NE CRAINS !

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discours col de Tende septembre 2018

Nous sommes réunis aujourd’hui, au col de Tende, pour commémorer le 6e anniversaire du jumelage entre la section de Mondovi de l’Association nationale des Alpini et l’Amicale nationale du 22e BCA et des troupes de montagne.

Le lieu choisi, le col de Tende, n’est pas neutre, puisqu’il est, dans l’histoire, l’une des principales voies de communication entre la France et l’Italie, et qu’il fut le premier rendu carrossable par les ducs de Savoie.

Les puissantes forteresses qui le dominent démontrent le rôle stratégique essentiel que ce col a pu jouer par le passé. Longtemps disputé entre nos deux pays, il est désormais un lieu de concorde et d’amitié.

Ces rencontres, que nous voulons annuelles, entre Alpini et chasseurs alpins, doivent être le témoignage de la fraternité d’armes qui nous lient, et qui a été éprouvée dans notre histoire commune.

Elles ont été voulues par nos prédécesseurs ; à nous de transmettre à notre tour cette flamme.

Il y a d’autres événements que nous souhaitons commémorer ici, puisque dans quelques semaines se tiendra le centenaire de l’intervention des chasseurs alpins français aux côtés des soldats italiens lors de la terrible bataille de la Piave, à l’automne 1917.

Rappelons-nous.

Le 24 octobre 1917, les Autrichiens, appuyeś par un puissant corps expéditionnaire allemand, rompent le front de l’Isonzo à Caporetto, taillent en pièces les 2e et 3e armées italiennes, franchissent le Tagliamento, avancent de 130 kilomètres en quelques jours, et sont aux portes de Venise.

Les Italiens se rétablissent difficilement sur la Piave, en attendant l’ultime assaut des forces ennemies. Si les lignes sont de nouveau percées, plus rien ne pourra retenir les Germano-autrichiens.

C’est alors que les Alliés décident d’envoyer des renforts de l’autre côté des Alpes, dont quatre divisions de chasseurs alpins. En effet, si l’Italie cède, c’est tout le front occidental qui risque d’être emporté à son tour, après la défection de la Russie.

Sur ce fleuve Piave, deux positions sont absolument décisives, le Monte Grappa et le Monte Tomba, sur la rive occidentale.

Or les Autrichiens prennent d’assaut le Monte Tomba et de là menacent tout le dispositif défensif italien, tandis que 11 divisions ennemies, dont les Gebirgsjäger du capitaine Rommel, se ruent sur le Monte Grappa, défendu par les régiments Ravenna, Umbria et Campania et quelques bataillons d’Alpini.

Nous sommes le 11 décembre ; l’histoire de la guerre se joue sur les pentes de ce sommet.

La résistance héroïque des défenseurs met en échec l’offensive adverse.

Et le 30 décembre, trois bataillons de chasseurs alpins, les 11e, 51e et 70e BCA, appartenant à la 47e division, enlèvent d’un seul élan le Monte Tomba aux Autrichiens, faisant 1500 prisonniers.

Le front est stabilisé, et l’année suivante, ce sera la victoire de Vittorio-Veneto, qui scelle le destin de l’empire austro-hongrois.

Ces deux victoires, obtenues dans le sang, par un froid éprouvant, on montré au monde la qualité des troupes de montagne, et fait prendre conscience aux Italiens de leur valeur militaire, au point que le président du conseil du Royaume d’Italie, Vittorio Emanuele Orlando, s’écrie à la tribune : « Le Grappa est notre patrie ! ». C’est aussi de cette date que remonte la fraternité d’armes entre Italiens et Français.

Nous sommes ici pour la commémorer et l’entretenir.

Le Président

Col(h) J.P. MARTIN