Baie des Anges

Tél. 04 93 67 92 81

Logo

Amicale des Anciens du 22ème BCA et des Troupes de Montagne

Amicale des Anciens du 22ème BCA et des Troupes de Montagne

NUL NE CRAINS !

NUL NE CRAINS !

Site officiel de l'AMICALE

Billet d'Humeur

11 novembre 2018

À propos du 11 novembre

 

Le président de la République, chef des armées, a décidé de supprimer toute « expression militaire » pour la commémoration du centenaire de la victoire de 1918. Pour la première fois de notre histoire, période de l’occupation allemande exclue, l’armée française sera absente de ce grand moment de souvenir et d’unité nationale. Il y aurait une raison cachée et peu avouable, ne pas se mettre dans la situation d’évoquer la mémoire du maréchal Pétain, qui reste, au côté de Foch, le véritable vainqueur de ce conflit. « Si ce que vous voulez me faire dire, c’est qu’il y avait une intention d’honorer la mémoire du maréchal Pétain, il n’en a jamais été question. Jamais », a en effet assuré Mme Parly à l’antenne de RMC/BFMTV. Observons que le général de Gaulle, peu suspect de sympathie pour le régime de Vichy, avait tranché le débat à l’occasion du cinquantenaire de la bataille de Verdun : « Si l’usure de l’âge mena le Maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire que, vingt-cinq ans plus tôt, il avait acquise à Verdun, puis gardée en conduisant ensuite l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée, ni méconnue, par la patrie. »

 

L’argumentation des communicants de l’Elysée est d’une vacuité vertigineuse : Les combattants (…) étaient pour l’essentiel des "civils que l’on avait armés",  « Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918. » Et d’ajouter qu’il

ne faudrait pas froisser la susceptibilité de madame Merkel, dont nul n’ignore qu’elle était un soutien inconditionnel du Kaiser GuillaumeII!

 

La question qui se pose alors c’est : pourquoi une commémoration ? Que commémore-t-on alors ? Observons que la célébration de la victoire du 8 mai 1945, acquise pour l’essentiel par les armées alliées, ne nourrit pas les mêmes scrupules de nos belles âmes.

 

Bien évidemment, les poilus vainqueurs du Reich étaient des conscrits auxquels on n’avait pas demandé leur avis pour les envoyer au casse-pipe. Est-ce à dire qu’ils n’étaient pas d’authentiques soldats, et que leurs immenses sacrifices et leur héroïsme mériteraient d’être effacés des mémoires ?

 

Pour le chef de l’Etat et ses inspirateurs, la Grande Guerre n’est qu’une grande hécatombe qu’il convient d’oublier pour naviguer vers les horizons radieux vers lesquels ils prétendent nous conduire, un horizon sans nation, sans armée, sans patrie.

 

Lieutenant-colonel (h) Jean-Pierre Martin